Je parle naturellement de celui qui jouxte mon lit... on pourrait presque écrire « qui touche mon lit » étant donné les quelques 20 cm qui séparent la porte du placard de mon lit...
;-)
C'est dire l'espace libre dont nous disposons !!!
Mais quel est donc ce lieu où l'espace semble une richesse à peine accessible ?
Tokyo, voyons !
Voilà, voilà : marmotte est de retour au pays du soleil levant !
Alors là, forcément, vous vous dîtes : « Merde ! Elle doit tirer la gueule ».
Et vous avez raison.
Enfin, en théorie, vous avez raison : il est très légitime de penser que je fais la gueule, au vu des commentaires dont je vous ai rabattu les oreilles à mon retour l'an dernier. Néanmoins, pour pouvoir faire la gueule en apprenant que j'y retournais, il eût fallu que je manifeste un minimum de cohérence.
Or - et certains le savent mieux que d'autres - la cohérence n'est pas mon fort.
Autrement dit : loin de me morfondre, j'ai plutôt exulté. Considérant que l'occasion n'était que trop belle.
Occasion de quoi, au juste ?
De challenger l'image neutro-négative qu'avait le Japon lorsque je l'ai quitté il y a 11 mois. En d'autres termes, je me suis lancée dans cette aventure en apostrophant le Japon (en mon for intérieur) : « tu as une occasion unique de challenger le regard - peu glorieux - que j'ai porté sur toi... alors montre-moi de quoi tu es capable ! ».
Il va de soi que cette apostrophe n'avait d'autre destinataire que moi-même.
Je deviens même une spécialiste de la question.
Exemple ?
Ok. Eté 2005, Julien et moi partons sur les routes de Chine. Notre traversée Pékin-Karakul nous permet de porter un regard si ce n'est exhaustif, du moins riche sur le pays.
Quel est mon discours en rentrant ?
« Pays qui enchaîne l'homme. Pays sans valeur. Gouvernement manipulant sa population en vue d'atteindre des objectifs dont aucun n'a pour finalité l'humain ».
Et que fais-je ?
Dès que l'occasion se représente, je me barre en Chine pour quelques mois (cabinet d'avocats à Pékin en 2006/2007).
Toute surprenante qu'elle soit, ma réaction n'a surtout rien de nouveau. Oui, je m'enthousiaste à l'idée de vivre deux mois au Japon. Oui, l'an dernier j'ai été particulièrement échaudé par la pudeur - j'ai sans doute même parlé de froideur à l'époque - de ce peuple...
Et pourtant, je suis tout sourire. Toute excitation. Toute curiosité.
La balle était entre mes mains.
Je dois sans doute souffrir de ce qu'il convient d'appeler un syndrome de Stockholm psycho-géographique : lorsqu'un pays - et plus précisément les mentalités/ valeurs du pays - me choquent/ me déçoivent... Alors j'éprouve un plaisir certain à faire en sorte de m'immerger de nouveau dans ce pays. D'entrer en contact (d'aimer ?) les gens qui m'ont terrorisé et dégoûté.
Ensuite, mais ensuite seulement, l'apaisement redevient possible.
Avant de continuer plus avant, j'ai un aveu à vous faire : ce voyage au Japon n'a RIEN. Mais absolument RIEN à voir avec le précédent. Et je crois que je me mets sérieusement à aimer ce pays !