Tokyo, Day 20
Week-end!
Enfin.
Vous savez tous combien un week-end est attendu après 5 jours de travail d'affilée...
Alors imaginez vous après... 12 jours d'affilée !
Ô joie !
Voici donc la suite de mes aventures. Je vous prie de m'excuser pour l'attente.
So far, je suis allée 7 fois au club de gym.
Pour vivre une initiation à laquelle - je ne peux le nier - je prends goût !
;-)
La première fois, car il y toujours une première fois, je fus quelque peu décontenancée. En effet, j'ignorais alors que les japonais avaient une vision binaire de la pudeur :
Pas encore rendue de ma surprise de me trouver nez à nez avec des dizaines de japonaises dans le plus simple appareil, j'abrège les préparatifs et fonce dans le bassin. Puis je m'efforce de me concentrer sur la nage, y mettant toute la rigueur et la force possible, afin d'éviter de penser à la remontée au vestiaire.
Dans lequel m'attendent vingt japonaises en tenue d'Eve.
Je fais donc quelques assouplissements. En y mettant bizarrement beaucoup plus de temps qu'à l'accoutumée. Clairement pas plus pressée que ça d'y mettre fin! J
Vint tout de même un moment où mettre une gambette sur le bord du bassin (je suis restée dans l'eau, naturellement) et faire glisser l'autre gambette le plus loin possible, finit par me taper sur le système.
Et ce malgré les quelques admirateurs peu secrets qui s'agglutinent sur ce qui pourrait être comparé à la paroi extérieure d'un aquarium. Le 'Gym' est en effet conçu de sorte que ceux qui s'exercent sur les machines puissent garder un œil sur les sirènes (et les baleines) qui habitent la piscine.
Mi-sirène, mi-baleine, je tire ma révérence à la piscine. Et me retrouve instantanément douchée (toujours ce merveilleux détecteur de présence situé 3 mètres avant le jet) avant d'avoir eu le temps de dire ouf.
Puis j'entreprends la montée au vestiaire. Le rythme cardiaque s'accélère. Le souffle se fait court. Mais que va-t-il arriver ?
BAM ! Une porte s'ouvre et c'est le déluge. C'est l'heure de la sortie du cours de 'relaxing yoga'. Pas moins de 15 japonaises entrent en même temps que moi dans le vestiaire. Enfin, plus précisément : se dirigent en même temps que moi vers le vestiaire. Car, je n'aurais pas la chance d'atteindre le vestiaire !!!!
En effet, sortant de l'eau, il est vrai que je dégage un certain effet 'floc, floc, floc'. Et tout le monde me regarde bizarrement.
Je fais donc un grand sourire à tout le monde. Espérant que cela suffise à apaiser l'humeur générale.
Hélas, ça ne suffit pas vraiment. Les japonaises commencent à échanger de drôles de propos, en me jetant de temps à autre un regard à la dérobée (et pas très approbateur).
Tout d'un coup, quelqu'un me montre un balai auquel est accrochée une serpillère. Ça y est. J'ai compris ce que l'on attendait de moi.
J'attrape donc à bras-le-corps le fameux balai-serpillère et parcours en sens inverse le chemin que je viens de faire. Le but étant d'effacer du sol tout stigmate de mon passage (sur terre, au Japon, bref, je ne sais pas trop quoi, au juste).
Naturellement comme je ne suis pas vraiment moins mouillée que la minute précédente, j'en remets une couche (de flotte) à chaque passage. Qu'à cela ne vaille. Au moins, j'ai agi dans les règles de l'art : tout le monde me sourit avec bienveillance.
Scène hautement improbable : il est mercredi 23 heures et - je me pince ! Ouïe, c'est donc réel !- je passe la serpillère dans le sous-sol d'un club de sport à Tokyo !
Bon, toujours ça de pris avant de retourner au vestiaire. Car vint un moment où tenir le rôle de soubrette, en maillot dégoulinant, à 23 heures, commencer à me 'saouler' 'ma race' (comme dirait ma sœur Emmanuelle, spéciale cace-dédi soeurette).
J'abandonne donc la serpillère, entre dans les vestiaires. Et là, je cherche les douches.